Jeudi 16 Juillet

Illiat-Allevard

200km

Quel bonheur de dormir dans une tente qui ne se balance pas et qui ne couine pas toute la nuit ! Et ce matin, de nouvelles voisines sont venues prendre leur quartier d'été dans la pâture voisine. Elles nous souhaitent le bonjour par leur meuglement puissant. Apparemment elles sont heureuses de nous voir et elles l'expriment clairement, un peu trop même. Pour finir, ça manque de discrétion et ça devient un peu bruyant. Non, en fait, elles sont chiantes ses voisines !

Le petit-déjeuner englouti, nous reprenons la route vers Chambéry. Une première pause, pour besoins naturelles, nous fera une belle surprise : nous croisons ce "fou" allemand qui tracte sa caravane avec son tracteur et qui avait défrayé les chroniques ces derniers jours. (pour lire l'article, cliquer ICI ) Malheureusement, je n'ai pas eu le temps de dégainer mon téléphone assez vite pour immortaliser cette rencontre hallucinante !

Did a soudain envie de prendre de l'altitude et bifurque vers le belvédère du Mont du Chat. Après une route qui valait largement celles de Norvège, si ce n'est qu'elle est un peu plus large, nous arrivons au sommet à environ 1500m, mais la tête dans la brume et une baisse notable des températures. Tant pis, on se fera la pause repas plus loin. Le point de vue devait également y être très joli, mais aujourd'hui, impossible de l'apprécier à sa juste valeur.

Alors que nous redescendions pour rejoindre notre itinéraire, un petit espace gravilloné, point de départ de randonnées, nous offre cette fois une vue dégagée sur le Bourget du Lac. En plus, un banc massif en bois peut accueillir nos postérieurs tout aussi massifs. Nous avons trouvé notre halte pour le repas et nous y ferons même notre direct bonus du jour. Après nous être rassasiés en bordure de route, nous repartons vers Allevard, dernière étape du jour.

Nos amis et hôtes ne seront chez eux que vers 18h30/19h et nous avons un peu d'avance sur le timing. On en profite pour faire le tour du Lac de la Mirande, patauger une petite heure dans la piscine municipale très authentique puis déambuler dans les petites rues piétonnes typiques du coin. Puis nous sommes accueillis par nos premiers hôtes, privilégiés de faire partie de notre roadtrip "Famille&Amis". On en oubliera même le direct du soir, c'est pour dire comme les retrouvailles étaient chaleureuses et conviviales (y'avait du rhum dans l'histoire...)

Vendredi 17 Juillet

Allevard-Corenc

122km

Nous quittons Elfée, Justin, Agathe et Solal pour nous rendre sur notre prochaine étape qui sera familiale cette fois-ci. Justin nous concocte un petit itinéraire avec quelques vues panoramiques pour rejoindre Grenoble, en passant par des villages montagnards typiques et pour pouvoir apprécier les paysages sur les hauteurs.

Son itinéraire nous fait passer par Theys, Les Adrets, Revel et Saint Martin d'Uriage. Par contre, je le soupçonne également de nous avoir envoyé sur ces routes pour traverser le hameau "Les Amicons". J'y vois bien un message subtilement subliminal de la part de Justin...

Arrivés à Uriage les Bains, Did veut encore prendre de l'altitude et aimerait monter à Chamrousse. Il y a dégoté une petite rando pour découvrir les massifs alentours de la Chartreuse et de Belledonne, sauf qu'elle est tout de même classée "difficile", et ça, ça me décourage plus que de me motiver.

Garés sur le parking de la célèbre station de skis pour ses Jeux Olympiques de 1968 (la meilleure année bien sûr !), nous nous faisons happer par une nappe épaisse de brouillard. Je tente le coup : on ne va pas se taper une rando de surcroît difficile pour ne rien voir, pire au risque de se perdre dans cette brume à couper au couteau ! Mais le Did est coriace et ne lache rien : il enchaîne sur une autre rando, dite "facile" à faire en famille, qui va également nous offrir de jolis panoramas, nous emmener jusqu'au Lac Achard et fait 2 km de moins... effectivement, ce n'est pas négligeable et je tombe dans le piège.

Mais à peine un pied dehors, la température me glace : il fait à peine 10° et le petit vent des montagnes me file déjà la piquette aux doigts. Je prends tout de même mon courage à 2 mains, j'échange mon bermuda contre un survêt, ajoute 2 couches sous mon K-Way et m'arme de mes bâtons de marche. Parée pour l'aventure ! L'optimisme de Did qui pensait qu'en grimpant nous passerons au-dessus du brouillard pour retrouver le soleil et le ciel bleu n'aura pas raison. Quant aux points de vue panoramiques, j'imagine qu'ils étaient magnifiques, mais moi, je n'ai absolument rien vu à part le coton blanc qui nous enveloppe et la cime de ci de là de quelques sapins.

Did par contre s'amuse beaucoup rien qu'à me regarder galérer aussi bien en escaladant qu'en descendant les nombreux obstacles qui jalonnent notre randonnée dite "facile". Pour se venger, il va même jusqu'à me filmer lors d'un franchissement périlleux (pour moi seulement...) et ne manquera pas de le montrer à tous ceux chez qui nous viendront faire des pauses. Je deviens la risée et je n'en suis qu'à mes débuts ! Après, je ne peux lui en vouloir, il fait souvent les frais de mes moqueries dans les différents récits de nos périples... un prêté pour un rendu !

Après une ascension interminable, et j'ajouterai pénible, nous arrivons enfin au Lac d'Achard. Magnifique ! Juste les 30 secondes où la brume a bien voulu s'élever avant d'envahir tout le paysage à nouveau. À cela, vous ajoutez le vent piquant et pénétrant et franchement, je me revoyais presqu'au Cap Nord. La pause reprise de force fût écourté du coup, nous avalons rapidement nos gaufrettes et nos gourdes de compote avant d'entamer le retour à la voiture.

La descente fût tout aussi périlleuse, toujours pour moi, et encore plus pénible pour mes pauvres rotules. Il nous aura fallu presque 4 heures pour une malheureuse rando de 6km. Un conseil, si vous voulez faire une promenade avec moi, multipliez le temps habituel par 3 !!!

Le retour me parut bien entendu interminable, et une fois assise dans la voiture, tel un bébé, il ne me fallut pas plus de 10mn pour m'endormir avant d'arriver chez l'oncle et la tante de Didier à Corenc. Une micro sieste pour récupérer, ça fait du bien. Mais surtout, reprendre 15° de plus, dire adieu au brouillard et s'installer en terrasse pour profiter d'une magnifique vue sur Grenoble et les massifs du Vercors, sans même faire le moindre km de rando, ça n'a pas de prix.

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